Meslay-le-Grenet, c'est toute une histoire
Patrimoine
-Publié le 30/03/2025
Territoire

Chaque mois, focus sur une commune de l'agglomération, en suivant l'ordre alphabétique. Découvrez le patrimoine, l'histoire, la mémoire de… Meslay-le-Grenet !
L’église saint-Orien
Ce petit édifice charmant, typique de la région chartraine, comporte deux nefs. La principale est bâtie à l'époque romane : au XIe siècle pour le choeur (ou l'on voit aussi quelques traces de grison), et au XIIe siècle pour la nef (entièrement bâtie en blocage de silex). Dans la première moitié du XVIe siècle, un collatéral est ajouté du côté nord par la famille Grenet, qui détient alors la seigneurie. Elle ouvre sur l'ancienne nef par des arcades en pierre, et se termine côté chevet par une grande fenêtre, au remplage de style flamboyant.

La danse macabre
Les peintures murales de l'église forment un ensemble exceptionnel, qui valent à Meslay une notoriété dépassant largement les frontières françaises. Sur la paroi sud, ainsi que sur le revers du mur de façade, on découvre une vaste danse macabre, l'une des mieux conservées qui existe.
Ce thème fascinant vient de la fin du Moyen Âge, période qui se confronte tragiquement avec la mort, au travers des guerres et de la peste noire : le philosophe Jean Gerson imagine alors un cortège où des figures de la mort dialoguent avec les vivants qu'elles entraînent, dans un ordre qui suit la hiérarchie sociale et ouvre à de nombreuses leçons morales sur la fragilité des passions et activités humaines. Le thème étant largement repris dans l'Europe entière (sanctuaires, livres), c'est l'ouvrage imprimé d'Antoine Vérard (1492) qui servit de modèle aux peintures de Meslay, réalisées vers 1500. Il faut attendre 1864 pour que cette œuvre singulière, fortuitement redécouverte sous des badigeons, soit restaurée – non sans excès – par les peintres Marcille et Colin, en s'inspirant des illustrations gravées d'époque.
Vingt personnages alternent ici avec des figures décharnées. Dans une succession ininterrompue, tous sont figurés – religieux et laïcs - avec leurs habits et emblèmes caractéristiques : le pape, l'empereur, le cardinal, le roi, le patriarche, le connétable (chef des armées), l'archevêque, le chevalier, l'évêque, le gentilhomme, l'abbé, le bailli (qui rend la justice), l'astrologue, le bourgeois, le curé, le médecin, le laboureur, l'enfant, l'usurier et l'ermite.
La danse macabre est accompagnée par trois autres peintures de grand format, en registre supérieur : le « dit du roi mort », celui des « trois vivants et des trois vifs » et celui des « femmes bavardes pendant la messe ».

Zooms
Les cinq chapiteaux Renaissance, tous différents, forment un bel ensemble inspiré des feuilles d'acanthe, mais où on découvre aussi des cornes d'abondance, des guirlandes, des putti (petits angelots), des oiseaux à tête de félins ou encore d'intéressants « visages feuillus ».
La charpente (vers 1530/40) comporte, du côté de l'entrée de la nef principale, cinq entraits terminés par des monstres (« engoulants ») et présentant au nœud central des motifs végétaux finement sculptés de vignes, blés, noisetiers et fleurs. Le lattis de bois est pourvu d'une décoration peinte (1646, par E. Goueurot, comme l'indique une inscription), dont il reste de nombreux fragments.
Les statues en bois, de facture naïve, datent des XVIe et XVIIe siècles. On y trouve, parmi d'autres, saint Orien, saint Blaise ainsi que Marie et Jean, issus d'une crucifixion.

Les pompes à eau
Pas moins de six pompes à roue, très pittoresques, sont encore conservées : trois dans le bourg de Meslay, deux au Grand Bérou, et une au Petit Bérou. Elles proviennent toutes du faubourg Guillaume à Chartres, et ont été installées dans la première décennie du XXe siècle. L'eau courante arrive ici en 1935, lorsqu'est édifié le château d'eau.

La vallée d’Oisemont
La partie nord de la commune, qui fait pente vers la vallée de l'Eure, est occupée par le lit d'un ruisseau qui traverse les deux hameaux du Grand et du Petit Bérou. Après avoir formé le bord de champs cultivé, il devient un ravin escarpé à l'intérieur de bois qui offrent un beau parcours de randonnée.
Mais aussi…
La mairie de brique, avec son horloge, date de 1913.
La croix de la route de Bérou repose sur un socle d’époque médiévale.
Le lavoir (abandonné) date des années 1935/37.
Mémoire(s) : la croix du cimetière et le monument aux morts
En Beauce, autrefois, le centre du cimetière était occupé par une croix en pierre. Même si les tombes ont été déplacées, la croix, datée de 1730 au piédestal, est restée près de l'église, après avoir été fracturée à sa base. Elle est caractéristique, dans sa naïveté, de l'art populaire de la région : une colonnette surmontée d'une croix épaisse. D'un côté la figure du Christ, de l'autre Marie, affligée.
À quelques mètres, le monument aux morts 14-18, dû à l'architecte chartrain Georges Maunoury, prend la forme d'un petit arc de triomphe. Surmonté de la croix de guerre, il abrite le médaillon lauré d'un (très) jeune soldat.
Tradition : les anciennes fermes
En plus des fermettes en longère, on compte dans la commune dix fermes plus importantes, qui conservent des corps d'habitation, des étables et des granges du XIXe siècle, parfois plus anciens. Les matériaux privilégiés, en l'absence de pierre calcaire exploitable sur place, sont les rognons de silex et la bauge, une terre séchée plus ou moins additionnée de paille. On trouve à l'occasion d'impressionnantes charpentes de chêne. Très caractéristiques aussi de Meslay sont les portails des cours aux piliers de brique.
